Enseigner avec les intelligences multiples

Howard GARDNER, professeur en cognition, en éducation et en psychologie à Harvard, a proposé en 1983 une théorie des intelligences multiples, propice à la différenciation dans les classes par une meilleure prise en compte des potentialités de chacun. Dans la droite ligne de la philosophie des nouveaux programmes de l’école maternelle et élémentaire, coup de projecteur sur une théorie qui influe sur les pratiques d’enseignement.

LA THÉORIE D’HOWARD GARDNER

Traditionnellement, l’intelligence est définie comme un attribut, ou un talent, inné. C’est une capacité opératoire qui ne se modifie que peu avec le temps, l’âge ou l’expérience. Cette définition classique est à l’origine du développement au cours du XIXème siècle d’une échelle de calcul de l’intelligence : le QI (développé en France par Alfred Binet et Théodore Simon, échelle d’intelligence qui estime le degré de développement de l’enfant). Gardner en montre la faiblesse : elle serait uniquement fondée sur des capacités logique-mathématiques et lexicale-verbales et laisserait donc peu de place aux autres talents que peut développer un individu. Pour Gardner, l’intelligence peut se manifester de multiples façons, et correspond à :

  • la capacité de résoudre des problèmes courants de la vie quotidienne.
  • la capacité de soulever de nouveaux problèmes et de les résoudre.
  • la capacité de réaliser quelque chose ou d’offrir un service valorisé par son propre groupe culturel.

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Gardner définit aussi 4 « invariants » :

  • tout le monde possède différentes intelligences (contrairement à la théorie des styles d’apprentissage).
  • chacun peut développer plusieurs types d’intelligences jusqu’à un niveau satisfaisant de maitrise. Le cerveau est comme une forêt : si on marche plusieurs fois dans le même sentier, un chemin va progressivement se créer. Dans le cerveau, il y a création de sentiers de communication entre les neurones. Ces sentiers (connexions neuronales) deviennent de plus en plus efficaces et mènent à l’automatisation des processus liés à une certaine tâche.
  • les intelligences fonctionnent habituellement en corrélation et de façon complexe. Il faut donc travailler toutes les intelligences pour améliorer le fonctionnement cognitif.
  • il y a de nombreuses façons d’être intelligent dans chaque catégorie d’intelligence.

Ce quatrième invariant pousse Gardner à définir 8 types d’intelligences :

L’APPLICATION EN CLASSE

Utiliser la théorie des Intelligences multiples pour mieux différencier

  • Mettre en place une salle des intelligences multiples : à la maternelle de l’école d’application de Moissy-Cramayel, la directrice Véronique Garas et son équipe ont mis en oeuvre une salle des intelligences. Dans cette salle, ils ont installé six espaces ludiques correspondant aux six intelligences palpables pour les enfants. L’observation des intelligences intra et inter personnelle se fait directement par l’enseignant, lors des interactions entre élèves. 
  • Repenser l’espace, repenser les postures : adapter la cour de récréation et la classe aux différentes intelligences pour permettre à chacun d’entrer efficacement dans l’apprentissage. Mettre en place des coins-ateliers sur les intelligence multiples, même à l’élémentaire.
  • Préparer ses séances en intégrant 2 ou plusieurs intelligences multiples (fiche de préparation-exemple de la séance tracer des lignes droites selon les intelligences multiples en maternelle).
  • A plus grande échelle, penser une séquence d’apprentissage disciplinaire selon les intelligences multiples : c’est le travail qu’ont entrepris cette année des enseignants de la circonscription sur l’école élémentaire de Jacou. Les résultats de cette expérimentation seront publiés en fin d’année scolaire 2015-2016 (Organisation d’une séquence en ateliers intelligences multiples : exemple 1exemple 2).

Pour aller plus loin…

  • Une bibliographie indicative pour entrer dans la démarche.
  • Si vous souhaitez vous lancer et avez besoin d’aide, vos CPC peuvent vous aider !